Décryptage · Événements indésirables

+20 % de déclarations d'EIGS en 2025 : bonne nouvelle ? Ce que dit le rapport HAS

Le 11 septembre 2026, la HAS a mis en ligne son rapport annuel 2025 sur les événements indésirables graves associés aux soins (EIGS) : 5 576 déclarations en 2025, soit 20 % de plus qu'en 2024. Faut-il s'en inquiéter ? Vous saurez à la fin de cet article ce que la HAS en dit, pourquoi les EIGS restent sous-déclarés, et quelles sont les deux obligations qui suivent un EIGS : déclarer à l'ARS et informer le patient.

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+20 % de déclarations : bonne nouvelle ?

Visuel du carrousel : +20 % de déclarations d'événements graves, bonne nouvelle ? Rapport HAS 2025 sur les EIGS, sur fond bleu nuit avec le logo OxcaSanté

Chaque année, la HAS publie le bilan des EIGS qui lui sont transmis. Pour 2025, elle compte 5 576 EIGS déclarés par les professionnels de santé et transmis à la HAS, en hausse de 20 % par rapport à 2024[1].

Le titre de ce carrousel pose la question que beaucoup d'équipes se posent : plus de déclarations, est-ce une bonne ou une mauvaise nouvelle ? La réponse de la HAS est plus nuancée qu'un simple oui ou non. Cet article reprend le carrousel LinkedIn slide par slide, avec le contexte que le format ne permettait pas.

Vous êtes concerné, même en médico-social

Slide 2 du carrousel : vous êtes concerné, même en médico-social, la déclaration d'un EIGS à l'ARS est obligatoire pour les établissements de santé et médico-sociaux

Le Code de la santé publique impose à tout professionnel de santé, à tout établissement de santé et à tout établissement et service médico-social qui constate un événement indésirable grave lié à des soins de le déclarer au directeur général de l'ARS. Les professionnels concernés doivent aussi en analyser les causes[2].

Un EIGS est défini par l'article R.1413-67 comme un événement inattendu au regard de l'état de santé et de la pathologie de la personne, dont les conséquences sont le décès, la mise en jeu du pronostic vital ou la survenue probable d'un déficit fonctionnel permanent[3]. Un EHPAD, un foyer ou un service médico-social n'est donc pas dispensé : le texte le vise expressément.

Ce que vous saurez

Slide 3 du carrousel : ce que vous saurez, la hausse de 20 %, ce que la HAS dit de la sous-déclaration, les deux obligations après un EIGS

Trois questions guident la suite : que cache la hausse de 20 %, que dit la HAS de la sous-déclaration, et quelles obligations suivent un EIGS, vis-à-vis de l'ARS puis vis-à-vis du patient.

Chaque section ci-dessous correspond à une slide du carrousel, avec les références réglementaires qui n'y figuraient pas.

5 576 EIGS en 2025

Slide 4 du carrousel : 5 576 EIGS déclarés et transmis à la HAS en 2025, +20 % par rapport à 2024

La HAS précise que 5 576 EIGS ont été déclarés par les professionnels de santé en France et transmis à la HAS en 2025, soit une hausse de 20 % par rapport à 2024. Depuis le début du dispositif, en mars 2017, 21 636 déclarations ont été reçues jusqu'au 31 décembre 2025[1].

Ces déclarations proviennent à 70 % des établissements de santé. Le secteur médico-social et la ville sont également concernés[1]. Le rapport se compose d'une synthèse, « les abrEIGéS », et d'un cahier technique qui contient les tableaux statistiques[1]. La page de présentation de la HAS ne donne pas la part exacte du médico-social dans les déclarations de 2025.

Ce que la HAS dit de la hausse

Slide 5 du carrousel : plus de déclarations ne veut pas dire plus d'événements, la HAS précise que la progression ne signifie pas que les EIGS sont plus fréquents

C'est le point central du rapport. La HAS écrit : « Cette progression ne signifie pas que les EIGS sont plus fréquents »[1]. Elle y voit vraisemblablement une meilleure connaissance du dispositif national de déclaration[1].

Autrement dit, le nombre de déclarations ne mesure pas, à lui seul, la fréquence des événements : il reflète aussi la connaissance du dispositif et l'habitude de déclarer. Un chiffre en hausse n'est donc pas, en soi, le signe d'une dégradation de la sécurité des soins, ni la preuve du contraire.

Une déclaration utile est une déclaration que l'on retrouve et que l'on suit. Découvrez la gestion des événements indésirables d'OxcaSanté : une fiche par événement avec description, mesures immédiates, analyse des causes, actions correctives proposées et historique des statuts. Une démo de 20 minutes suffit.

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Pourtant, les EIGS restent très sous-déclarés

Slide 6 du carrousel : schéma d'un iceberg, événements déclarés en surface et non déclarés sous l'eau, les EIGS restent très sous-déclarés selon la HAS

La HAS le rappelle dans son rapport 2025 : les EIGS demeurent encore très sous-déclarés. Elle s'appuie sur l'étude ENEIS 3[1]. Le schéma de la slide est illustratif et sans échelle : aucune source consultée ne chiffre précisément la part des événements non déclarés, et nous n'en avançons donc aucune.

La sous-déclaration n'est pas propre à la France ni à un secteur. Pour aller plus loin sur ses mécanismes, lisez notre article sur ce que documente la Cour des comptes, et sur la charte de non-punition qui encourage les équipes à déclarer.

Qui doit déclarer à l'ARS ?

Schéma du carrousel : professionnel de santé, établissement de santé, établissement ou service médico-social, flèche vers l'ARS

L'obligation pèse sur trois acteurs : tout professionnel de santé, quels que soient son lieu et son mode d'exercice, le représentant légal d'un établissement de santé ou d'un établissement ou service médico-social, ou la personne qu'il désigne[3]. Dans un établissement, la déclaration se fait sous la responsabilité de son représentant légal.

Bon à savoir pour un directeur : un professionnel de santé qui informe par écrit le représentant légal de son établissement ou service est réputé avoir satisfait à son obligation de déclaration. La déclaration d'un EIGS vaut aussi déclaration au titre de l'article L.331-8-1 du Code de l'action sociale et des familles, et elle ne dispense pas d'autres déclarations obligatoires, par exemple à l'ANSM pour un produit de santé[3].

Une déclaration en 2 parties

Schéma du carrousel : partie 1 sans délai avec nature, circonstances, premières mesures et information du patient, partie 2 au plus tard sous 3 mois avec analyse des causes et plan d'actions

La déclaration comporte deux parties. La première est transmise « sans délai » : nature de l'événement, circonstances, premières mesures prises, et précision sur l'information du patient, de sa famille, de ses proches ou de sa personne de confiance. La seconde est transmise « au plus tard dans les trois mois » : description de la gestion de l'événement, enseignements de l'analyse approfondie des causes et plan d'actions correctrices avec échéances[4].

Le formulaire garantit l'anonymat des patients et des professionnels concernés, à l'exception du déclarant[4]. Notre guide détaille la procédure : signaler un EIGS à l'ARS en 2 étapes.

Seuls 77 % des EIGS ont donné lieu à une information du patient

Slide 9 du carrousel : pourtant, en 2025, seuls 77 % des EIGS déclarés ont donné lieu à une information du patient ou de ses proches, pour la HAS l'annonce est un droit du patient

La HAS relève qu'en 2025, seuls 77 % des EIGS déclarés ont donné lieu à une information du patient ou de ses proches. Elle rappelle que l'annonce constitue un droit pour le patient et qu'il s'agit d'un processus continu[1].

La page de présentation ne détaille pas la situation des autres déclarations. Ce chiffre ne dit donc pas, à lui seul, pourquoi l'information n'a pas été renseignée ou réalisée : il invite surtout à se demander, dans chaque structure, qui informe, quand, et où cela est tracé.

Informer le patient : quel délai ?

Frise du carrousel : découverte du dommage, de préférence sous 24 heures selon la recommandation HAS, 15 jours maximum selon l'article L.1142-4 du Code de la santé publique

Le guide HAS « Annonce d'un dommage associé aux soins » indique qu'il revient aux professionnels d'informer le patient au plus vite, de préférence dans les 24 heures, sans excéder 15 jours après la détection du dommage ou la demande expresse du patient, en application de l'article L.1142-4 du Code de la santé publique[5].

Deux niveaux sont à distinguer : les 24 heures sont une recommandation de la HAS, les 15 jours sont une obligation légale. Le guide recommande aussi de tracer l'annonce dans le dossier médical[5]. Précaution : ce guide date de 2011 et cite la rédaction de l'article L.1142-4 de l'époque ; vérifiez le texte en vigueur sur Légifrance avant de formaliser votre procédure.

Précision : OxcaSanté ne remplace pas la déclaration d'un EIGS au portail national, ne transmet rien à l'ARS et ne gère pas l'information du patient. L'outil permet de saisir une déclaration d'événement indésirable (description, mesures immédiates, analyse des causes, actions correctives proposées), de la soumettre puis de la clôturer, avec un historique des statuts. Il ne garantit aucune conformité.

Vos équipes déclarent-elles, et retrouvez-vous chaque déclaration, son analyse et ses actions au même endroit ? Une démo de 20 minutes suffit pour voir le circuit complet dans OxcaSanté.

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À retenir

Slide 11 du carrousel : à retenir, la hausse reflète probablement une meilleure connaissance du dispositif, les EIGS restent très sous-déclarés selon la HAS, après un EIGS déclarer à l'ARS et informer le patient
  • 1. La hausse de 20 % reflète probablement une meilleure connaissance du dispositif, pas plus d'événements (HAS).
  • 2. Les EIGS restent très sous-déclarés, selon la HAS.
  • 3. Après un EIGS : déclarer à l'ARS et informer le patient. Ce sont deux obligations distinctes.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un EIGS ?

Un événement indésirable grave associé à des soins est un événement inattendu au regard de l'état de santé et de la pathologie de la personne, dont les conséquences sont le décès, la mise en jeu du pronostic vital ou la survenue probable d'un déficit fonctionnel permanent (article R.1413-67 du Code de la santé publique).

La hausse de 20 % signifie-t-elle plus d'événements graves ?

Non, pas nécessairement. La HAS écrit que cette progression ne signifie pas que les EIGS sont plus fréquents et y voit vraisemblablement une meilleure connaissance du dispositif national de déclaration. Elle rappelle par ailleurs que les EIGS restent très sous-déclarés.

Un EHPAD ou un établissement médico-social doit-il déclarer un EIGS ?

Oui. L'article L.1413-14 du Code de la santé publique vise les établissements de santé et les établissements et services médico-sociaux, et l'article R.1413-68 prévoit que leur représentant légal, ou la personne qu'il désigne, déclare à l'ARS.

Dans quel délai informer le patient d'un dommage lié aux soins ?

Selon le guide HAS de 2011, au plus vite, de préférence dans les 24 heures et sans excéder 15 jours après la détection du dommage ou la demande expresse du patient, en application de l'article L.1142-4 du Code de la santé publique. Les 24 heures sont une recommandation, les 15 jours une obligation légale.

OxcaSanté aide-t-il sur ce sujet ?

OxcaSanté permet de saisir une déclaration d'événement indésirable avec description, mesures immédiates, analyse des causes et actions correctives proposées, de la soumettre puis de la clôturer, avec un historique des statuts. L'outil ne remplace pas la déclaration d'un EIGS au portail national, ne transmet rien à l'ARS, ne gère pas l'information du patient et ne garantit aucune conformité.

Slide 12 du carrousel : vos déclarations sont-elles toutes tracées au même endroit, voir OxcaSanté en démo

Vos déclarations sont-elles toutes tracées au même endroit ?

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Articles connexes

Sources

Note méthodologique : les chiffres de 2025 (5 576, +20 %, 21 636, 70 %, 77 %) proviennent de la page de présentation du rapport HAS [1] et ont été recoupés avec [6]. Les règles de déclaration proviennent du Code de la santé publique [2][3][4]. L'interprétation « le nombre de déclarations ne mesure pas à lui seul la fréquence des événements » est une reformulation de la position de la HAS. Le schéma de la slide 6 est illustratif et sans échelle. Cet article ne constitue pas un conseil juridique ni médical. Les fonctionnalités d'OxcaSanté citées (fiche de déclaration, soumission, clôture, historique des statuts) correspondent à ce que la plateforme propose aujourd'hui.

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