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Comment préparer la certification HAS étape par étape

Publié le 15 mars 2026 · Lecture 10 min

La certification HAS est une procédure obligatoire pour tous les établissements de santé français, qu'il s'agisse d'hôpitaux publics, de cliniques privées ou d'établissements de santé mentale. Depuis l'entrée en vigueur du référentiel de certification des établissements de santé pour la qualité des soins, cette démarche a profondément évolué. Ce guide détaille chaque phase de la préparation pour vous permettre d'aborder sereinement cette échéance majeure.

Comprendre le nouveau référentiel de certification

Le référentiel actuel de la Haute Autorité de Santé s'articule autour de trois chapitres fondamentaux. Le premier concerne le patient, avec une attention particulière portée à l'engagement du patient dans sa prise en charge, à la culture de la sécurité et à la bientraitance. Le deuxième chapitre porte sur les équipes de soins, leur organisation, leurs compétences et leur capacité à travailler en pluridisciplinarité. Le troisième chapitre s'intéresse à l'établissement dans sa globalité, à sa gouvernance, à son management de la qualité et à sa gestion des risques.

Chaque chapitre se décline en objectifs, eux-mêmes décomposés en critères. Parmi ces critères, certains sont qualifiés d'impératifs : leur non-respect peut entraîner une décision défavorable. Il est donc essentiel de bien identifier ces critères impératifs dès le début de votre préparation.

La méthode d'évaluation repose désormais sur des méthodes de terrain, notamment le patient traceur et le parcours traceur, le traceur ciblé et l'audit système. Cette approche privilégie l'observation directe des pratiques plutôt que la seule analyse documentaire.

Phase 1 : le diagnostic initial (12 à 18 mois avant la visite)

La préparation d'une certification réussie commence bien en amont de la visite des experts-visiteurs. La première étape consiste à réaliser un état des lieux approfondi de votre établissement. Ce diagnostic doit couvrir l'ensemble des thématiques du référentiel et permettre d'identifier les points forts sur lesquels capitaliser, ainsi que les axes d'amélioration à traiter en priorité.

Pour mener ce diagnostic, il est recommandé de constituer un groupe de travail pluridisciplinaire associant des représentants de la direction, du corps médical, de l'encadrement soignant, des fonctions support et des représentants des usagers. Ce groupe procède à une auto-évaluation systématique de chaque critère du référentiel.

L'auto-évaluation ne se limite pas à cocher des cases. Elle implique de confronter les pratiques réelles aux attendus du référentiel, en s'appuyant sur des éléments de preuve concrets : procédures, indicateurs, résultats d'audits internes, enquêtes de satisfaction, analyses de risques. L'objectif est d'obtenir une photographie honnête de la situation, sans complaisance ni catastrophisme.

Phase 2 : le compte qualité et la planification

Le compte qualité constitue le document central de la procédure de certification. Il doit être renseigné sur la plateforme CALISTA de la HAS et refléter fidèlement la situation de votre établissement. Le compte qualité comprend plusieurs volets : l'engagement dans la démarche, les résultats des évaluations internes, le profil de risques, le programme d'amélioration de la qualité et de la sécurité des soins (PAQSS) et les résultats des indicateurs de qualité et de sécurité des soins (IQSS).

Le remplissage du compte qualité n'est pas un exercice purement administratif. C'est un véritable outil de pilotage qui doit nourrir votre démarche d'amélioration continue. Il est conseillé de désigner un référent pour chaque thématique, responsable de la collecte des données et de la mise à jour régulière de sa rubrique.

À partir du diagnostic et du compte qualité, élaborez un plan d'actions réaliste et priorisé. Concentrez-vous en premier lieu sur les critères impératifs et sur les thématiques où votre établissement présente les écarts les plus importants. Chaque action doit avoir un responsable identifié, un délai de réalisation et des indicateurs de suivi.

Phase 3 : la mobilisation des équipes (6 à 12 mois avant)

La certification n'est pas l'affaire du seul service qualité. Elle concerne l'ensemble des professionnels de l'établissement, du directeur général à l'agent de service. La mobilisation des équipes est l'un des facteurs clés de succès. Or, cette mobilisation ne se décrète pas : elle se construit dans la durée.

Commencez par informer l'ensemble du personnel sur la procédure de certification, ses enjeux et son calendrier. Utilisez tous les canaux de communication disponibles : réunions de service, journal interne, affichage, intranet. L'objectif est que chaque professionnel comprenne pourquoi la certification est importante et quel est son rôle dans cette démarche.

Formez les équipes aux méthodes d'évaluation utilisées par les experts-visiteurs. Organisez des simulations de patient traceur dans différents services. Ces exercices permettent aux professionnels de se familiariser avec la méthodologie et de repérer les points à améliorer dans leur pratique quotidienne. Ils contribuent également à dédramatiser la visite.

Impliquez les équipes dans la démarche d'amélioration. Plutôt que d'imposer des actions correctives décidées en comité restreint, associez les professionnels à l'identification des problèmes et à la recherche de solutions. Un plan d'actions porté par les équipes de terrain aura beaucoup plus de chances d'être effectivement mis en œuvre qu'un plan imposé par la hiérarchie.

Phase 4 : la préparation opérationnelle (3 à 6 mois avant)

Dans les derniers mois avant la visite, la préparation prend un caractère plus opérationnel. Vérifiez que les documents essentiels sont à jour, accessibles et connus des équipes. Il ne s'agit pas de créer un système documentaire plaquage pour la certification, mais de s'assurer que les protocoles et procédures utilisés au quotidien sont bien formalisés et conformes aux recommandations de bonnes pratiques.

Réalisez des audits internes ciblés sur les thématiques sensibles : circuit du médicament, identification du patient, gestion des urgences vitales, prévention des infections associées aux soins, droits du patient. Ces audits doivent être suivis d'actions correctives immédiates lorsque des écarts significatifs sont identifiés.

Préparez la logistique de la visite : planning, salles mises à disposition des experts-visiteurs, organisation des entretiens et des parcours de visite. Désignez un coordinateur de la visite, interlocuteur principal des experts-visiteurs, chargé de faciliter le bon déroulement de la semaine de visite.

Phase 5 : la visite des experts-visiteurs

La visite de certification dure généralement de trois à cinq jours selon la taille de l'établissement. Les experts-visiteurs sont des professionnels de santé formés par la HAS : médecins, pharmaciens, directeurs, cadres de santé. Ils travaillent en équipe et utilisent des méthodes complémentaires pour évaluer la qualité et la sécurité des soins.

Le patient traceur est la méthode phare de cette nouvelle certification. Les experts-visiteurs sélectionnent des patients hospitalisés et retracent l'ensemble de leur parcours de soins, depuis l'admission jusqu'à la sortie. Ils croisent les informations du dossier médical avec les entretiens réalisés auprès du patient, de son entourage et des professionnels qui l'ont pris en charge. Cette méthode permet d'évaluer la réalité des pratiques, bien au-delà de ce que les documents écrits peuvent montrer.

Le traceur ciblé examine un processus transversal de manière approfondie : le circuit du médicament, la gestion du risque infectieux, le bloc opératoire, la prise en charge de la douleur, par exemple. L'audit système s'intéresse quant à lui à la gouvernance, au management de la qualité et à la gestion des ressources humaines.

Pendant la visite, adoptez une attitude ouverte et transparente. Les experts-visiteurs ne sont pas là pour piéger les équipes, mais pour évaluer objectivement le niveau de qualité et de sécurité des soins. N'essayez pas de masquer les difficultés : les experts sont expérimentés et détectent rapidement les incohérences. En revanche, montrez que vous avez identifié vos axes d'amélioration et que vous avez mis en place des actions pour y remédier.

Phase 6 : les résultats et le suivi

À l'issue de la visite, les experts-visiteurs rédigent un rapport de certification qui est transmis à la HAS. Le collège de la HAS prend alors une décision de certification qui peut aller de la certification simple (le meilleur résultat possible) à la non-certification, en passant par la certification avec obligation d'amélioration ou la certification sous conditions.

En cas d'obligation d'amélioration, l'établissement doit démontrer dans un délai fixé par la HAS qu'il a effectivement mis en œuvre les actions correctives demandées. Un suivi renforcé peut être instauré, avec des échéances de transmission de preuves ou une visite de suivi ciblée.

Quel que soit le résultat obtenu, la certification doit être perçue comme un levier d'amélioration continue plutôt que comme une échéance ponctuelle. Les établissements les mieux certifiés sont ceux qui ont intégré la démarche qualité dans leur fonctionnement quotidien, sans la réserver aux périodes de préparation de la visite.

Les erreurs fréquentes à éviter

L'expérience montre que certaines erreurs reviennent régulièrement dans la préparation des certifications. La première est de démarrer trop tard. Une préparation sérieuse nécessite au minimum 12 mois, et idéalement 18 mois pour les établissements qui partent de loin ou qui affrontent leur première certification sous le nouveau référentiel.

La deuxième erreur est de confondre préparation à la certification et production documentaire. Le référentiel actuel privilégie clairement l'évaluation des pratiques réelles. Avoir un beau classeur de procédures ne sert à rien si les équipes ne les connaissent pas et ne les appliquent pas. Concentrez vos efforts sur la transformation effective des pratiques plutôt que sur la production de documents.

La troisième erreur est de limiter la préparation au service qualité. La certification est l'affaire de tous. Si les équipes médicales et soignantes ne sont pas impliquées, les résultats seront décevants, quelle que soit la qualité du travail réalisé par le service qualité.

Enfin, n'essayez pas de tout traiter en même temps. Priorisez vos actions en fonction des risques pour les patients et de l'impact sur la décision de certification. Les critères impératifs doivent être votre priorité absolue.

S'appuyer sur les bons outils

Une préparation efficace repose aussi sur des outils adaptés. Un logiciel de gestion de la qualité permet de centraliser la documentation, de piloter les indicateurs et de gérer les déclarations d'événements indésirables. Il facilite également le remplissage du compte qualité en fournissant les données nécessaires de manière structurée.

OxcaSanté a été conçu spécifiquement pour accompagner les établissements de santé dans leur démarche de certification. La plateforme couvre l'ensemble du périmètre nécessaire : gestion documentaire, déclaration et analyse des événements indésirables, suivi des indicateurs qualité, pilotage du PAQSS et préparation du compte qualité.

La certification HAS est un marathon, pas un sprint. En vous y prenant suffisamment tôt, en mobilisant l'ensemble des équipes et en vous appuyant sur une méthodologie structurée, vous mettez toutes les chances de votre côté pour obtenir une certification sans réserve. Le plus important est de ne jamais perdre de vue l'objectif final : améliorer la qualité et la sécurité des soins pour les patients.

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Notre plateforme vous accompagne à chaque étape de votre démarche de certification HAS.

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