Guide

Effet indésirable médicamenteux en EHPAD : pourquoi le signalement à l'ANSM n'est pas facultatif

« Je signale si je veux » : c'est ce que pensent, à tort, une partie des professionnels qui exercent en EHPAD ou en cabinet. Pour cinq professions de santé, signaler un effet indésirable médicamenteux suspecté n'est pourtant pas une démarche volontaire mais une obligation légale, prévue par le code de la santé publique. Cet article existe d'abord sous la forme d'un carrousel visuel, pensé pour être lu en une minute : nous l'avons repris slide par slide ci-dessous, chacune complétée par l'analyse détaillée et les sources qu'un format carrousel ne peut pas porter.

En bref

  • 5 professions ont une obligation légale de signalement : médecin, chirurgien-dentiste, sage-femme, pharmacien, infirmier (article R.5121-161 du code de la santé publique).
  • Cette obligation s'applique quel que soit le mode d'exercice, y compris en EHPAD, et ne date que de 2023 pour les infirmiers.
  • Les autres professionnels de santé, les patients et les aidants peuvent signaler, mais n'y sont pas obligés.
  • Un portail unique : signalement.social-sante.gouv.fr, avec transmission automatique au centre régional de pharmacovigilance.
  • Ce signalement externe ne remplace pas la traçabilité interne de l'événement par l'établissement.

Cet article suit exactement la structure de notre carrousel LinkedIn sur le sujet : chaque section reprend une slide, image comprise, puis la développe.

Savez-vous déjà si votre équipe a cette obligation ?

Réserver une démo

1. Une idée reçue coûteuse

Slide 1 du carrousel OxcaSanté : « Je signale si je veux. » Faux.

« Je peux signaler un effet indésirable si je le juge utile » est une idée répandue chez les professionnels de santé, y compris en EHPAD. Pour cinq professions précises, elle est pourtant fausse : le signalement d'un effet indésirable médicamenteux suspecté est une obligation légale, pas une démarche volontaire.

2. Cinq professions concernées, en EHPAD comme ailleurs

Slide 2 du carrousel : médecin, infirmier, pharmacien, sage-femme, chirurgien-dentiste, la loi vous oblige à signaler

Médecin, chirurgien-dentiste, sage-femme, pharmacien ou infirmier : si vous exercez l'une de ces cinq professions, la loi vous oblige à signaler certains effets indésirables des médicaments, que vous exerciez en EHPAD, en cabinet ou à l'hôpital. Ce n'est ni une option laissée à votre appréciation, ni une tâche réservée à un référent.

3. Ce que cet article détaille

Slide 3 du carrousel : qui est concerné, comment signaler, et pourquoi ce n'est pas qu'une formalité

La suite de cet article détaille, dans l'ordre : le texte légal qui fonde cette obligation et son évolution récente, la nuance entre obligation et faculté de signaler, le portail unique de signalement, l'enjeu de santé publique derrière cette démarche, un arbre de décision pour lever le doute en pratique, et ce que cela implique pour la traçabilité interne de votre établissement. Toutes les sources sont listées en fin d'article.

4. Cinq professions, une obligation légale

Slide 4 du carrousel : 5 professions ont une obligation légale de signalement, la liste a été étendue aux infirmiers en 2023

L'article R.5121-161 du code de la santé publique impose au médecin, au chirurgien-dentiste, à la sage-femme, au pharmacien et à l'infirmier ayant constaté un effet indésirable suspecté d'être dû à un médicament de le déclarer immédiatement au centre régional de pharmacovigilance. Cette liste n'est pas figée : le décret n°2023-736 du 8 août 2023 y a ajouté les infirmiers, qui pouvaient auparavant signaler sans y être tenus. L'obligation ne dépend pas d'un lieu d'exercice particulier : un médecin coordonnateur ou un infirmier salarié d'un EHPAD y est soumis au même titre qu'un professionnel hospitalier.

Source : Légifrance, article R.5121-161 du code de la santé publique, version en vigueur (officiel) ; RFCRPV, actualité sur l'extension de l'obligation aux infirmiers (réseau officiel des centres régionaux de pharmacovigilance), vérifiées le 24 août 2026.

5. Signaler n'est pas réservé aux 5 professions obligées

Slide 5 du carrousel : signaler n'est pas réservé aux 5 professions obligées, la responsabilité individuelle ne se délègue pas

Tout professionnel de santé qui n'entre pas dans les cinq professions obligées, tout comme un patient, un aidant ou une association d'usagers agréée, peut également signaler un effet indésirable médicamenteux, sans y être tenu. Une erreur fréquente en établissement consiste à penser que cette démarche revient de fait au pharmacien référent ou à la pharmacie à usage intérieur : pour les cinq professions concernées, la responsabilité du signalement reste individuelle et ne se délègue pas à un tiers.

6. Un seul portail officiel

Slide 6 du carrousel : un seul portail officiel, signalement.social-sante.gouv.fr, transmission au centre régional de pharmacovigilance

Le signalement se fait sur un portail unique, signalement.social-sante.gouv.fr, quel que soit le mode d'exercice du déclarant. Une fois le formulaire complété, le signalement est transmis automatiquement au centre régional de pharmacovigilance dont dépend l'établissement ou le professionnel, qui en assure l'analyse et, si nécessaire, la remontée à l'ANSM.

Source : ANSM, « Comment déclarer si vous êtes professionnel de santé » (officiel, mis à jour le 23 juin 2026), vérifiée le 24 août 2026.

Combien d'autres obligations de signalement sont mal réparties dans votre équipe ?

Réserver une démo

7. Ce n'est pas qu'une formalité

Slide 7 du carrousel : chez les personnes âgées, les effets indésirables des médicaments comptent parmi les principales causes d'hospitalisations évitables

Ce formalisme réglementaire répond à un enjeu concret. La HAS classe les effets indésirables des médicaments parmi les principales causes de dépendance iatrogène liée à l'hospitalisation des personnes âgées. Des structures d'appui régionales comme les OMéDIT, adossées aux ARS, relaient des travaux de pharmacovigilance selon lesquels l'iatrogénie médicamenteuse serait impliquée dans une part significative des hospitalisations après 65 ans, avec une part substantielle jugée évitable. Nous ne reprenons pas ici de pourcentage précis : les chiffres circulant sur ce sujet varient selon les études et les années de référence, et nous préférons une source unique et directement vérifiable à un chiffre choc mal sourcé.

Source : HAS, « Prévenir la dépendance iatrogène liée à l'hospitalisation chez les personnes âgées » (officiel) ; OMéDIT Grand Est, guide régional sur le circuit du médicament en EHPAD (structure d'appui adossée à l'ARS, confiance élevée mais non officielle au sens strict), vérifiées le 24 août 2026.

8. L'arbre de décision à garder sous la main

Slide 8 du carrousel : arbre de décision, êtes-vous médecin, pharmacien, infirmier, sage-femme ou chirurgien-dentiste, signalement obligatoire ou possible

Face à un doute, la question à se poser est simple : exercez-vous l'une des cinq professions listées à l'article R.5121-161 ? Si oui, le signalement sur signalement.social-sante.gouv.fr est obligatoire. Si non, il reste possible, et même encouragé, mais pas obligatoire. Dans les deux cas, l'événement mérite d'être tracé en interne, indépendamment de la démarche réglementaire externe.

9. À retenir

Slide 9 du carrousel : 5 professions ont une obligation légale, un seul portail, le signalement externe ne remplace pas le suivi interne

Trois points à garder en tête : cinq professions (médecin, chirurgien-dentiste, sage-femme, pharmacien, infirmier) ont une obligation légale de signalement, étendue aux infirmiers en 2023 ; il n'existe qu'un seul portail officiel, signalement.social-sante.gouv.fr ; et ce signalement externe ne remplace pas le suivi interne de l'événement par votre établissement. Sur notre publication LinkedIn liée à cet article, nous demandons à notre communauté si elle savait déjà que cette obligation ne se délègue pas au pharmacien référent : n'hésitez pas à y répondre.

10. Ne repartez pas d'une page blanche

Slide 10 du carrousel : le signalement ANSM ne remplace pas votre traçabilité interne, découvrez OxcaSanté

Le signalement à l'ANSM répond à une obligation réglementaire externe : qui a identifié l'événement, qui l'a signalé et quel suivi qualité en a été fait sont des questions distinctes, qui relèvent de l'organisation interne de l'établissement. OxcaSanté ne dispose pas d'un module dédié à la pharmacovigilance ni d'une intégration avec l'ANSM, mais son module de déclaration d'événements indésirables est personnalisable : chaque établissement peut y créer ses propres catégories, y compris pour les événements liés au médicament, et conserver une trace structurée de leur traitement, en complément de ses obligations réglementaires.

Découvrez comment structurer et personnaliser vos déclarations d'événements indésirables : les fonctionnalités OxcaSanté.

Questions fréquentes

Qui a l'obligation légale de signaler un effet indésirable médicamenteux ?

Le médecin, le chirurgien-dentiste, la sage-femme, le pharmacien et l'infirmier ayant constaté un effet indésirable suspecté d'être dû à un médicament doivent le déclarer immédiatement au centre régional de pharmacovigilance, en application de l'article R.5121-161 du code de la santé publique. Cette obligation s'applique quel que soit le mode d'exercice, y compris en EHPAD.

Comment signaler un effet indésirable médicamenteux ?

Le signalement se fait sur le portail officiel signalement.social-sante.gouv.fr. Il est ensuite transmis automatiquement au centre régional de pharmacovigilance dont dépend le déclarant.

Le signalement est-il obligatoire pour les infirmiers ?

Oui, depuis le décret n°2023-736 du 8 août 2023. Avant ce texte, l'obligation ne concernait que les médecins, chirurgiens-dentistes, sages-femmes et pharmaciens ; les infirmiers pouvaient signaler mais n'y étaient pas tenus.

Le signalement à l'ANSM remplace-t-il la traçabilité interne de l'établissement ?

Non. Le signalement au centre régional de pharmacovigilance est une obligation réglementaire externe. Il ne dispense pas l'établissement de tracer en interne qui a identifié l'événement, qui l'a signalé et quel suivi qualité en a été fait.

Sources

Les pages et documents cités ont été vérifiés directement le 24 août 2026, jour de rédaction de cet article. Un chiffre parfois cité sur la part des hospitalisations des personnes âgées liées à un effet indésirable médicamenteux n'a pas pu être retracé jusqu'à une publication officielle unique et daté avec certitude : nous ne le reprenons pas ici, conformément à notre règle de ne publier que des données directement vérifiables.

Articles connexes

Structurez vos déclarations d'événements indésirables

OxcaSanté centralise vos déclarations internes d'événements indésirables, avec des catégories personnalisables par votre établissement. Dès 39€/an/licence.

Réserver une démo