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Loi soins palliatifs 2026 : ce que le texte du 26 mai impose aux EHPAD

Un volet obligatoire dans le projet d'établissement, une convention à signer avec une équipe mobile de soins palliatifs, une formation continue pour tout le personnel et un nouveau document à créer pour chaque résident concerné : la loi n°2026-404 du 26 mai 2026, publiée au Journal officiel le 27 mai et entrée en vigueur le 28 mai, ne se limite pas à un effet d'annonce sur la fin de vie. Elle redéfinit juridiquement ce qu'est l'accompagnement palliatif et crée des obligations concrètes pour les EHPAD et les structures pour personnes âgées, y compris les plus petites d'entre elles. Ce texte est le volet consensuel de la réforme de la fin de vie, distinct de la proposition de loi sur l'aide à mourir, que cet article ne traite pas. Pour un établissement de moins de 50 salariés, souvent sans juriste ni cadre de santé à temps plein dédié à la veille réglementaire, voici ce qui change concrètement, sources à l'appui.

En bref

  • La loi n°2026-404 du 26 mai 2026 élargit la définition légale des soins palliatifs à un « accompagnement » plus large, y compris pour les proches (source : Légifrance).
  • Elle crée quatre obligations nouvelles pour les EHPAD et structures pour personnes âgées : volet dédié dans le projet d'établissement, convention avec une équipe mobile de soins palliatifs (EMSP), formation continue du personnel et plan personnalisé d'accompagnement (PPA).
  • Le texte crée aussi une nouvelle catégorie d'établissement médico-social, les maisons d'accompagnement et de soins palliatifs, intermédiaire entre le domicile et l'hôpital.
  • Ces obligations s'inscrivent dans une stratégie décennale des soins d'accompagnement 2024-2034, dotée d'environ 1,1 milliard d'euros de mesures nouvelles sur dix ans.
  • Aucune échéance chiffrée de mise en conformité n'était publiée au moment de la rédaction de cet article : plusieurs décrets d'application restent attendus.

Une loi qui redéfinit l'accompagnement, sans toucher à l'aide à mourir

La loi n°2026-404 du 26 mai 2026 visant à garantir l'égal accès de tous à l'accompagnement et aux soins palliatifs a été publiée au Journal officiel le 27 mai 2026 et est entrée en vigueur le lendemain. Elle modifie l'article L.1110-10 du code de la santé publique pour élargir la définition des soins palliatifs à la notion d'« accompagnement », délivré « de façon précoce, active et continue », et qui s'adresse désormais explicitement aussi aux proches de la personne malade.

Ce texte est présenté par ses promoteurs comme le volet consensuel de la réforme de la fin de vie. Une seconde proposition de loi, relative à l'aide à mourir, suit un parcours juridique distinct : adoptée par le Parlement le 15 juillet 2026, elle a été déférée au Conseil constitutionnel à plusieurs reprises entre le 16 et le 20 juillet 2026 et n'était, au moment de la rédaction de cet article, ni promulguée ni entrée en vigueur. Elle ne fait pas l'objet du présent article, qui se concentre uniquement sur les obligations organisationnelles nées de la loi du 26 mai 2026 sur l'accompagnement et les soins palliatifs.

Quatre obligations nouvelles pour les EHPAD et structures pour personnes âgées

Selon plusieurs analyses juridiques et professionnelles publiées après la promulgation, la loi crée des obligations précises pour les établissements relevant des 6° et 7° du I de l'article L.312-1 du code de l'action sociale et des familles, catégorie qui inclut les EHPAD, les résidences autonomie et l'accueil familial pour personnes âgées.

1. Un volet dédié dans le projet d'établissement

Le projet d'établissement doit désormais comporter une partie consacrée à l'accompagnement et aux soins palliatifs, précisant les principes retenus, l'organisation interne et le rôle de chaque intervenant.

2. Une convention avec une équipe mobile

Les établissements pour personnes âgées doivent conclure une convention avec une équipe mobile de soins palliatifs (EMSP) et une équipe mobile gériatrique, formalisant les délais et modalités d'intervention.

3. Une formation continue du personnel

Les professionnels de santé et du secteur médico-social doivent recevoir un enseignement spécifique sur l'accompagnement et les soins palliatifs, dès la formation initiale et tout au long de leur carrière.

4. Un plan personnalisé d'accompagnement

Codifié à l'article L.1110-10-1 du code de la santé publique, ce plan est proposé par le médecin après l'annonce d'une affection grave ou son aggravation, pour coordonner la prise en charge sanitaire, psychologique et sociale.

La loi ajoute également une exigence de pilotage : les contrats pluriannuels d'objectifs et de moyens (CPOM) signés avec les agences régionales de santé doivent désormais intégrer des objectifs et des indicateurs relatifs aux soins palliatifs et à l'accompagnement, un point qui rapproche cette obligation du pilotage qualité déjà mené par le référent qualité ou l'IDEC de l'établissement.

Les maisons d'accompagnement, un nouveau maillon du parcours

La loi crée aussi une nouvelle catégorie d'établissement médico-social, les « maisons d'accompagnement et de soins palliatifs », inscrite au 18° du I de l'article L.312-1 du code de l'action sociale et des familles. Ces structures intermédiaires entre le domicile et l'hôpital ont vocation à accueillir des personnes dont la prise en charge palliative n'est plus possible à domicile mais qui ne relèvent pas d'une hospitalisation, ainsi qu'à offrir des solutions de répit aux proches aidants.

Pour un EHPAD ou une résidence autonomie, ces maisons ne sont pas une obligation directe mais un partenaire potentiel à identifier dans son territoire, au même titre que l'équipe mobile de soins palliatifs, pour orienter un résident lorsque la situation le nécessite. Selon Le Média Social, média professionnel spécialisé dans le secteur social et médico-social, 19 départements ne disposaient encore d'aucune unité de soins palliatifs en mars 2025, ce qui donne la mesure des inégalités territoriales que cette nouvelle offre doit contribuer à réduire.

Une stratégie décennale pour financer la montée en charge

Ces nouvelles obligations s'inscrivent dans la stratégie décennale des soins d'accompagnement 2024-2034, annoncée par le ministère chargé de la Santé et structurée autour de quatre objectifs stratégiques et d'une trentaine de mesures. Selon les annonces gouvernementales relayées par plusieurs médias spécialisés, elle mobilise environ 1,1 milliard d'euros de mesures nouvelles sur dix ans, pour porter la dépense publique annuelle à environ 2,7 milliards d'euros en 2034.

1,1 Md €

de mesures nouvelles sur 10 ans

460

lits de soins palliatifs supplémentaires visés d'ici 2034

+16 %

de personnes accompagnées chaque année visé d'ici 2034

Ces chiffres, issus d'annonces gouvernementales relayées par la presse spécialisée (Europe1, Le Quotidien du Médecin), portent sur la stratégie nationale dans son ensemble, tous secteurs confondus (hôpital, ville, médico-social), et ne constituent pas une enveloppe fléchée établissement par établissement.

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Ce que ça implique concrètement pour une structure de moins de 50 salariés

  • Identifier l'équipe mobile de soins palliatifs et l'équipe mobile gériatrique de votre territoire, pour préparer la convention désormais attendue, souvent une première démarche pour les structures qui n'avaient jusque-là qu'un lien informel avec ces équipes.
  • Planifier la rédaction ou la mise à jour du volet accompagnement et soins palliatifs de votre projet d'établissement, en associant le médecin coordonnateur, l'IDEC et les équipes soignantes.
  • Programmer les premières actions de formation continue pour l'ensemble du personnel, y compris les professionnels non soignants en contact avec les résidents et leurs familles.
  • Anticiper la mise en œuvre du plan personnalisé d'accompagnement, un document médical qui devra être coordonné avec les autres documents de suivi du résident, sans être rédigé en doublon.
  • Suivre les décrets d'application à venir plutôt que d'attendre une échéance précise pour commencer : au moment de la rédaction de cet article, plusieurs textes réglementaires nécessaires à l'application complète de la loi n'étaient pas encore publiés.

Un document de plus à tracer, pas un chantier isolé

OxcaSanté n'est pas un outil médical et ne se substitue pas au jugement clinique du médecin sur le contenu du plan personnalisé d'accompagnement. En revanche, la plateforme peut absorber la charge documentaire qui accompagne cette nouvelle obligation : le volet accompagnement et soins palliatifs du projet d'établissement, la convention avec l'équipe mobile de soins palliatifs et les attestations de formation de vos équipes trouvent leur place dans la bibliothèque qualité documentaire, avec un historique de chaque révision pour prouver leur mise à jour en cas de contrôle, plutôt que dispersés entre plusieurs classeurs ou boîtes mail, pour une structure qui n'a souvent ni juriste ni service qualité à temps plein.

Questions fréquentes

La loi du 26 mai 2026 sur les soins palliatifs concerne-t-elle aussi l'aide à mourir ?

Non. La loi n°2026-404 du 26 mai 2026 est le volet consensuel de la réforme de la fin de vie : elle porte uniquement sur l'accompagnement et les soins palliatifs. La proposition de loi relative à l'aide à mourir est un texte distinct, adopté par le Parlement le 15 juillet 2026 mais déféré au Conseil constitutionnel entre le 16 et le 20 juillet 2026 et non encore promulgué au moment de la rédaction de cet article. Elle n'est pas traitée ici.

Quels établissements sont concernés par les nouvelles obligations ?

Les obligations de formalisation détaillées dans cet article visent en priorité les établissements et services pour personnes âgées relevant des 6° et 7° du I de l'article L.312-1 du code de l'action sociale et des familles, ce qui inclut les EHPAD, les résidences autonomie et l'accueil familial. Les conventions avec les équipes mobiles de soins palliatifs concernent plus largement les structures accueillant des personnes âgées.

Sous quel délai un EHPAD doit-il se mettre en conformité ?

La loi est entrée en vigueur le 28 mai 2026, sans échéance chiffrée publiée à ce jour pour la mise en conformité des établissements. Plusieurs de ses dispositions, notamment sur la formation et le plan personnalisé d'accompagnement, renvoient à des décrets d'application qui n'étaient pas encore publiés au moment de la rédaction de cet article. Il est recommandé de suivre les publications de l'ARS et de la DGCS pour connaître les délais précis dès qu'ils seront fixés.

Qu'est-ce que le plan personnalisé d'accompagnement créé par la loi ?

Le plan personnalisé d'accompagnement, codifié à l'article L.1110-10-1 du code de la santé publique, est un document que le médecin propose après l'annonce d'une affection grave ou son aggravation. Il est consacré à l'anticipation, à la coordination et au suivi de la prise en charge sanitaire, psychologique, sociale et médico-sociale de la personne, jusqu'après son décès si besoin.

Sources

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