Décryptage · Droit et qualité

Lanceur d'alerte en EHPAD : moins de 50 salariés, êtes-vous dispensé ?

Visuel du carrousel : moins de 50 salariés ? Vos lanceurs d'alerte restent protégés, sur fond bleu nuit avec le logo OxcaSanté

Dans beaucoup d'EHPAD et d'ESSMS de moins de 50 salariés, on entend que la loi sur les lanceurs d'alerte « ne nous concerne pas ». C'est exact pour une obligation précise, la procédure interne de recueil des signalements. Ce n'est pas exact pour la protection de l'agent qui signale. Cet article reprend, slide par slide, le carrousel publié sur LinkedIn par OXCA et le complète avec les sources. Vous saurez à la fin ce que la loi impose, ce qu'elle n'impose pas et ce que vous pouvez mettre en place dès cette semaine.

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Sous 50 salariés, la procédure interne n'est pas obligatoire

Slide du carrousel : sous 50 salariés, la procédure interne d'alerte n'est pas obligatoire, mais le signalement de maltraitance reste protégé

La loi du 9 décembre 2016, modifiée par la loi du 21 mars 2022, impose une procédure interne de recueil des signalements aux entités d'au moins 50 salariés ou agents[2][7]. En dessous, cette obligation précise ne s'applique pas.

Mais dispense de procédure ne veut pas dire absence de droits. Le statut de lanceur d'alerte est défini par la loi sans condition liée à la taille de l'employeur[1], et le code de l'action sociale et des familles protège le signalement de maltraitance dans les établissements médico-sociaux[4].

Ce que couvre cet article

Slide du carrousel : trois réponses claires, ce que la loi impose, ce qu'elle n'impose pas, ce que vous pouvez faire dès cette semaine

Trois réponses : ce que la loi impose, ce qu'elle n'impose pas, et ce que vous pouvez faire dès cette semaine dans votre structure.

Le seuil : 50 salariés ou agents

Slide du carrousel : schéma du seuil de 50 salariés ou agents, pas de procédure obligatoire en dessous, procédure obligatoire à partir de 50

Pour le secteur privé, la loi vise les personnes morales de droit privé employant au moins 50 salariés[2]. Pour le secteur public, le seuil est de 50 agents, avec des règles propres à certaines collectivités[2][3]. Un EHPAD public a donc intérêt à vérifier l'effectif de l'entité dont il dépend.

Au-delà du seuil, l'entité établit une procédure interne de recueil et de traitement des signalements, après consultation des instances de dialogue social[3]. Le détail du mode de calcul de l'effectif figure à l'article 2 du décret[3], que nous n'avons pas pu relire en texte intégral : vérifiez-le pour votre cas.

Sous le seuil, le signalement interne reste possible

Slide du carrousel : le signalement interne reste possible, à son supérieur, à l'employeur ou à un référent désigné

La loi prévoit qu'un agent peut signaler les informations concernées à son supérieur hiérarchique direct ou indirect, à l'employeur ou à un référent désigné par celui-ci[2]. Cette possibilité existe quelle que soit la taille de la structure.

Concrètement, une petite structure qui n'a rien formalisé reçoit tout de même des alertes. Autant savoir à l'avance qui les reçoit et comment elles sont traitées.

Maltraitance : le CASF protège l'agent

Slide du carrousel : signaler de la maltraitance, l'article L313-24 du CASF protège l'agent qui signale de bonne foi

Dans les établissements et services sociaux et médico-sociaux, l'article L313-24 du CASF rend applicables les articles 10-1 et 12 à 13-1 de la loi de 2016 à toute personne ayant, de bonne foi, témoigné de mauvais traitements ou de privations infligés à une personne accueillie, ou les ayant relatés[4]. Cet article a été modifié par la loi du 21 mars 2022[4][7].

L'article ne fixe aucun seuil d'effectif[4]. La condition posée est la bonne foi. À noter également : le régime général des lanceurs d'alerte exclut certains secrets, dont le secret médical[1]. En cas de doute sur une situation précise, le Défenseur des droits informe et oriente gratuitement[5].

Le canal externe : pas besoin de passer par l'interne

Slide du carrousel : arbre de décision, face à des faits graves, un signalement interne auprès du supérieur, de l'employeur ou du référent, ou un signalement externe

Le signalement interne n'est pas un passage obligé. La loi permet d'adresser directement un signalement à l'autorité compétente désignée par décret, au Défenseur des droits, à l'autorité judiciaire ou à une institution européenne[2].

Le Défenseur des droits informe, oriente et protège les lanceurs d'alerte, et peut rendre un avis sur la qualité de lanceur d'alerte[5]. La protection s'étend aux facilitateurs, c'est-à-dire aux personnes qui aident l'auteur du signalement[5]. Pour l'établissement, la conséquence est simple : mieux vaut que le canal interne soit connu et crédible, car il n'est pas le seul.

Si vous avez une procédure : deux délais à tenir

Slide du carrousel : frise des deux délais, accusé de réception écrit sous 7 jours ouvrés, information écrite sur les suites sous 3 mois maximum

Pour les entités soumises à la procédure, l'auteur du signalement est informé par écrit de la réception de son signalement dans un délai de 7 jours ouvrés[3]. L'entité lui communique ensuite par écrit les mesures envisagées ou prises, dans un délai raisonnable n'excédant pas 3 mois[3][6].

Les personnes chargées de recueillir les signalements doivent disposer de la compétence, de l'autorité et des moyens suffisants[3], et garantir la confidentialité[6]. La procédure doit être portée à la connaissance du personnel par tout moyen assurant une publicité suffisante, par exemple par notification, affichage ou publication[3][6].

Votre procédure d'alerte, ou la marche à suivre de votre structure, est-elle connue de tous vos agents ? Voyez comment la gestion documentaire d'OxcaSanté partage un document qualité et en garde l'historique.

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Un référent et une marche à suivre connue de tous

Slide du carrousel : désignez un référent, faites connaître la marche à suivre, partagez la procédure par lien ou email dans OxcaSanté

Ce qui suit est notre conseil, pas une obligation : même sous le seuil, désignez un référent, écrivez en une page la marche à suivre et faites-la connaître à tous les agents, y compris les nouveaux arrivants et les remplaçants.

Dans OxcaSanté, le bouton « Partager » d'un document qualité copie son lien interne ou l'envoie par email, avec le lien ou le PDF en pièce jointe. L'onglet « Historique des partages » conserve chaque diffusion, avec sa date. Cela aide à retrouver quand et à qui la procédure a été communiquée.

Précision importante : OxcaSanté n'est pas un canal d'alerte et ne garantit aucune conformité à la loi sur les lanceurs d'alerte. C'est un outil de partage et de traçabilité des documents qualité.

À retenir

Slide du carrousel : à retenir
  • 1. Sous 50 salariés, pas de procédure interne obligatoire.
  • 2. Le statut de lanceur d'alerte ne dépend pas de la taille.
  • 3. Un référent connu de tous vaut mieux que le silence.

Questions fréquentes

Un EHPAD de moins de 50 salariés doit-il avoir une procédure d'alerte ?

Non au titre de la loi du 9 décembre 2016 modifiée : l'obligation d'établir une procédure interne vise les entités d'au moins 50 salariés ou agents. Cela ne dispense pas des autres obligations de signalement, par exemple pour les événements indésirables graves ou la maltraitance. Le salarié garde la possibilité de signaler à son supérieur, à l'employeur ou à un référent.

Le seuil de 50 compte-t-il des salariés ou des agents ?

Les deux, selon le statut de l'entité : 50 salariés pour le secteur privé, 50 agents pour le secteur public. Le mode de calcul exact figure à l'article 2 du décret du 3 octobre 2022, à vérifier pour votre situation.

Un salarié qui signale de la maltraitance peut-il être sanctionné ?

L'article L313-24 du CASF protège l'agent qui témoigne de mauvais traitements ou de privations, ou qui les relate, lorsqu'il agit de bonne foi. En cas de situation précise, le Défenseur des droits peut informer et orienter.

Un agent peut-il alerter une autorité sans passer par sa direction ?

Oui. La loi permet un signalement externe direct, auprès de l'autorité compétente désignée par décret, du Défenseur des droits, de l'autorité judiciaire ou d'une institution européenne.

OxcaSanté est-il un canal d'alerte conforme à la loi ?

Non. OxcaSanté n'est pas un canal d'alerte et ne garantit aucune conformité. Il permet de partager un document qualité par lien ou par email et d'en conserver l'historique des partages.

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Articles connexes

Sources

Note méthodologique : les sept sources sont officielles (Légifrance, Défenseur des droits, Service-public.fr), aucune source non officielle n'est utilisée. Les pages Légifrance ont été relues par extraction automatique : l'article 2 du décret n'a pas pu être relu en texte intégral, d'où le renvoi au texte pour le mode de calcul de l'effectif. Cet article ne constitue pas un conseil juridique. Les fonctionnalités d'OxcaSanté citées (partage d'un document qualité par lien ou par email, historique des partages) correspondent à ce que la plateforme propose aujourd'hui.