Décryptage · Droits des résidents

Contrôle en EHPAD : sans accord du résident ou juge, l'inspecteur n'entre pas dans la chambre

Un contrôle de l'ARS ou du département, un inspecteur à la porte d'une chambre : peut-il entrer ? Depuis les décrets du 29 décembre 2025, la réponse se prépare dès la signature du contrat de séjour. À la fin de cet article, vous saurez dans quels cas l'accord du résident suffit, ce que doit contenir l'annexe au contrat, quelle liste tenir à jour et pourquoi un seul « non » peut arrêter le contrôle [1][2][3].

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Sans accord ou juge, l'inspecteur n'entre pas dans une chambre

Slide 1 du carrousel : sans accord ou juge, l'inspecteur n'entre pas dans une chambre

Le titre est volontairement direct, il reste exact. Les chambres de résidents d'ESSMS sont des locaux à usage d'habitation dès lors que le résident en fait son lieu de principal établissement, indique la DGCS [3]. Le principe est celui du respect de la vie privée et de l'inviolabilité du domicile : sans autorisation préalable du juge des libertés et de la détention, aucune inspection n'a lieu dans un espace privatif, sauf accord écrit de l'occupant [3].

La chambre d'un résident est son domicile

Slide 2 du carrousel : la chambre d'un résident est son domicile, un contrôle de l'ARS ou du département y est encadré

Les contrôles des établissements et services sociaux et médico-sociaux sont menés par les agents de l'autorité qui a délivré l'autorisation, c'est-à-dire l'ARS ou le département selon le cas : inspecteurs de l'action sanitaire et sociale, médecins et pharmaciens inspecteurs de santé publique, ingénieurs et techniciens sanitaires, inspecteurs et contrôleurs des ARS, agents départementaux [3].

Le préfet peut aussi diligenter un contrôle dans tout ESSMS de son département [3]. Pour un directeur, la question n'est donc pas « si » un contrôle peut venir, mais « comment la chambre est-elle protégée quand il vient ». Les décrets du 29 décembre 2025 ont changé la réponse [1][2].

Ce que vous allez retenir

Slide 3 du carrousel : trois choses à savoir, la règle, la nouveauté, votre obligation

Trois points structurent l'article : la règle de base (accord écrit ou juge), la nouveauté (l'accord se recueille à l'avance, dans le contrat de séjour) et votre obligation de direction (tenir à jour une liste). Nous précisons aussi ce qui ne change pas, notamment pour les évaluations.

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La règle de base : deux voies pour entrer

Slide 4 du carrousel : arbre de décision, accord écrit de l'occupant puis contrôle possible, sinon autorisation du juge des libertés et de la détention

Le texte précise que, « en l'absence d'accord écrit ou si cet accord n'est pas maintenu au moment du contrôle, y compris par l'occupant », l'autorité qui a ordonné le contrôle peut demander au juge des libertés et de la détention une autorisation de procéder [1].

Deux voies existent donc : l'accord écrit de l'occupant, ou l'autorisation du juge. Avant la réforme, l'accord ne pouvait être recueilli qu'au moment du contrôle, ce qui compliquait les opérations, notamment pour les personnes sous protection et les mineurs, car il fallait solliciter le représentant légal le jour même [3].

Ce qui a changé : l'accord se recueille à l'avance

Slide 5 du carrousel : avant, l'accord se prenait le jour du contrôle, depuis le 31 décembre 2025, à la signature du contrat de séjour

Le décret n° 2025-1393 prévoit que l'accord écrit est recueilli et consigné lors de la conclusion du contrat de séjour ou de l'élaboration du document individuel de prise en charge [1]. Il vient de l'article 12 de la loi du 8 avril 2024 « bien vieillir » [3].

Les deux décrets du 29 décembre 2025 sont entrés en vigueur le lendemain de leur publication, soit le 31 décembre 2025 [1][2][3]. Si aucun accord n'est consigné dans le contrat, quelle qu'en soit la raison, on revient au principe antérieur : l'agent habilité recueille l'accord écrit au moment du contrôle [3].

Une annexe au contrat, deux mentions expresses

Slide 6 du carrousel : une annexe avec deux mentions expresses, le contrôle de la chambre et les données personnelles

Le décret n° 2025-1395 complète l'article D. 311 du CASF : le contrat de séjour ou le document individuel de prise en charge comporte une annexe consignant la mention expresse de l'accord de principe ou du refus, d'une part pour le contrôle effectué dans l'espace privatif, d'autre part pour la collecte, la conservation et le traitement des données personnelles [2].

Aucun modèle national d'annexe ni de liste n'est prévu : la DGCS indique que les fédérations peuvent proposer des modèles à leurs adhérents [3]. Attention à ne pas confondre : l'accord de principe du CASF sur les données n'est pas le consentement au sens du RGPD, et un refus ne met pas fin à tous les traitements, qui s'examinent au cas par cas [3].

Le directeur tient la liste à jour

Slide 7 du carrousel : tenez la liste à jour, à chaque admission, à chaque retrait, lors d'un contrôle

Le directeur tient à jour, au fur et à mesure des admissions, la liste des personnes accueillies ayant donné leur accord pour un contrôle dans leur espace privatif. Elle est mise à jour à chaque retrait d'accord, et communiquée à l'autorité, dans le délai qu'elle fixe, si elle la demande dans le cadre d'un contrôle [1].

Le décret ajoute que la liste des occupants dont le lieu privatif a été visité et la preuve de leur consentement sont annexées au rapport de contrôle [1]. Un registre à jour est donc à la fois une obligation et votre meilleure réponse en cas de question.

Un seul « non » suffit, même le jour du contrôle

Slide 8 du carrousel : l'accord est révocable à tout moment, y compris pendant le contrôle

L'accord est révocable à tout moment, y compris au moment du contrôle, et la liste est alors mise à jour [1]. Selon la DGCS, le refus exprimé le jour J suffit à stopper le contrôle, même si un accord de principe avait été recueilli, et il n'est pas nécessaire de solliciter de nouveau le représentant légal ni de l'informer [3].

L'autorité peut alors demander l'autorisation du juge, comme dans tout cas d'absence d'accord [1]. La DGCS demande aux directions d'informer les résidents et leurs représentants de la possibilité des contrôles et de leur objectif, du droit de refuser et du droit de changer d'avis [3].

Une évaluation n'est pas un contrôle

Slide 9 du carrousel : un contrôle exige l'accord écrit, une évaluation non, mais on frappe, on se présente, on attend d'être invité

L'évaluation des ESSMS sur le référentiel de la HAS, réalisée par un organisme accrédité, n'est pas un contrôle : le recueil formel du consentement par le contrat de séjour ou le formulaire n'est pas requis pour entrer dans une chambre, indique la DGCS. L'évaluateur doit toutefois respecter les règles d'usage : frapper, s'identifier, expliquer sa venue et attendre d'être invité par l'occupant [3].

À l'inverse, un contrôle sanitaire qui nécessite d'entrer dans une chambre impose de recueillir le consentement préalable de l'occupant. La surveillance de vos propres installations (eau chaude, légionelles) n'est pas un contrôle, mais les mêmes règles d'usage s'appliquent à vos équipes [3]. Ce dispositif ne vise ni les espaces collectifs, ni l'accueil de jour ou temporaire sans hébergement [3].

Une procédure et un modèle d'annexe toujours à jour

Slide 10 du carrousel : avec OxcaSanté, procédure et modèle d'annexe toujours à jour, circuit de validation, version et date de validité

Le modèle d'annexe et la procédure de recueil sont des documents comme les autres : ils doivent être validés, datés et remplacés quand ils changent. Dans la bibliothèque qualité d'OxcaSanté, un document suit un circuit de rédaction, de vérification et d'approbation, porte un numéro de version et une date de validité, et passe automatiquement en statut « Expiré » quand cette date est dépassée. Il peut être partagé par lien ou par e-mail, avec un historique des partages.

L'outil gère le document de référence, pas la décision d'un résident ni la liste nominative des accords : leur recueil et leur conservation relèvent de votre organisation.

Votre procédure de recueil est-elle validée, versionnée et connue de toute l'équipe de direction ? Voyez comment la bibliothèque qualité d'OxcaSanté la gère.

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À retenir

Slide 11 du carrousel : à retenir, sans accord il faut un juge, accord pris à la signature, liste tenue à jour
  • 1. Sans accord écrit de l'occupant, il faut l'autorisation d'un juge.
  • 2. L'accord se prend à la signature du contrat de séjour, dans une annexe, et se retire à tout moment.
  • 3. Le directeur tient la liste à jour et la remet à l'autorité sur demande.

Questions fréquentes

Un inspecteur peut-il entrer dans la chambre d'un résident sans son accord ?

En l'absence d'accord écrit, ou si l'occupant ne le maintient pas au moment du contrôle, l'autorité qui a ordonné le contrôle peut demander une autorisation au juge des libertés et de la détention, selon l'article R. 313-25 du CASF tel que modifié par le décret du 29 décembre 2025. Les sources lues ne décrivent pas la procédure devant le juge, qui relève de l'autorité de contrôle. [1][3]

Que se passe-t-il si le résident ne peut pas s'exprimer ?

Le décret prévoit que l'accord soit donné par le représentant légal pour un mineur, ou par la personne chargée de la mesure pour un majeur sous protection juridique avec représentation. Les autres situations (altération du discernement sans mesure de protection, par exemple) ne sont pas traitées dans les sources lues : rapprochez-vous d'un juriste avant de décider seul. [1]

Faut-il refaire signer les contrats des résidents déjà présents ?

Les sources lues ne décrivent pas de règle transitoire. La DGCS indique que, lorsque le contrat de séjour ou le document individuel de prise en charge n'est pas signé ou pas encore actualisé, l'accord est recueilli au moment du contrôle. Mettre à jour les contrats existants est donc un choix d'organisation, à arbitrer avec votre gestionnaire et votre juriste. [3]

La liste des accords doit-elle être envoyée à l'ARS ?

Non. Le directeur la tient à jour et ne la communique à l'autorité que si elle la demande dans le cadre d'un contrôle, dans le délai que l'autorité fixe. Elle n'a pas à être transmise dans un autre contexte, précise la DGCS. [1][3]

OxcaSanté aide-t-il sur ce sujet ?

La bibliothèque qualité d'OxcaSanté permet de publier votre procédure de recueil et votre modèle d'annexe avec un circuit de validation, un numéro de version et une date de validité, et de les partager par lien ou par e-mail. L'outil gère le document de référence, pas la décision d'un résident ni la liste nominative des accords, qui restent à tenir dans votre organisation. Il ne remplace pas un avis juridique.

Slide 12 du carrousel : votre annexe au contrat est-elle prête, lisez l'article complet

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Articles connexes

Sources

Note méthodologique : Légifrance n'était pas accessible depuis la session. Les deux décrets ont été lus en intégralité dans les copies du Journal officiel diffusées par la FHF, la présentation de la DGCS en intégralité. Le texte de l'article L. 313-13-1 du CASF n'a pas été lu directement : son contenu est repris des visas des décrets et de la présentation de la DGCS. Les horaires de contrôle et la liste complète des agents mentionnés par la source 5 n'ont pas été repris faute de confirmation par une source officielle. Les sources lues ne traitent ni les sanctions éventuelles, ni la situation transitoire des résidents déjà accueillis, ni la procédure devant le juge. Cet article ne constitue ni un conseil juridique ni un avis de conformité.

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