Décryptage · Sécurité des soins
Un proche pour traduire ? Ce que la HAS dit des barrières linguistiques en santé
Quand le patient ne parle pas la même langue que l'équipe, on dépanne : un proche, un collègue, une appli. En juin 2026, la HAS a publié un Flash Sécurité Patient qui décrit trois événements réels et rappelle ce qu'elle préconise à la place. Vous saurez à la fin de cet article ce que dit ce document, ce qu'il ne dit pas, et trois gestes simples à retenir.
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Réserver une démoUn proche pour traduire ? 3 cas décrits par la HAS
En juin 2026, la Haute Autorité de santé a mis en ligne un Flash Sécurité Patient intitulé « Barrières linguistiques en santé. Quand les mots manquent, le risque augmente »[1]. Le collège de la HAS l'a adopté par décision du 28 mai 2026[2].
Une barrière linguistique y est définie comme un obstacle auquel on se heurte face à une langue non maîtrisée[1]. Cet article reprend le carrousel LinkedIn slide par slide, avec le contexte que le format ne permettait pas.
On dépanne, mais à quel prix ?
Le patient ne parle pas la même langue que l'équipe. Le fils est là, une collègue parle la langue, une application de traduction est sous la main. C'est rapide, et cela semble pratique.
La HAS cite précisément ces solutions de dépannage (recours aux proches, en particulier aux enfants, aux professionnels de la structure, à la traduction générique en ligne, aux applications spécifiques de traduction médicale) et indique qu'elles comportent des risques pour la sécurité des patients, liés à la qualité moindre de la traduction[1].
Ce que vous allez comprendre
Trois réponses : les trois cas réels que décrit la HAS, ce qu'elle préconise pour les éviter, et trois gestes à retenir pour votre structure, quelle que soit sa taille.
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Réserver une démoDes événements réellement déclarés
La collection « Flash sécurité patient » part d'événements indésirables associés aux soins déclarés par des professionnels dans les bases nationales de retour d'expérience. La HAS précise qu'ils sont toujours liés à une succession de dysfonctionnements, qu'elle ne les modifie ni ne les interprète, et que les analyses reportées sont focalisées sur les causes profondes en lien avec le sujet[1].
Les trois situations viennent de l'hôpital (urgences, hématologie). Une seule préconisation est explicitement réservée aux établissements de santé : la préparation de la sortie. Les autres sont formulées de façon générale[1]. À vous d'apprécier ce qui vous concerne.
3 événements, une barrière commune
Cas 1, l'orientation. Un couple ne parlant pas le français se présente aux urgences à 5 h du matin. Le veilleur de nuit les oriente à l'oral vers le service de gynécologie-obstétrique : seize minutes s'écoulent avant leur arrivée, et la césarienne en urgence aboutit à la naissance d'un enfant sans vie. Parmi les causes profondes citées par la HAS : les indications orales non comprises, mais aussi des missions du veilleur qui n'incluaient pas l'orientation, l'absence d'accompagnement physique et une signalétique insuffisante[1].
Cas 2, la sortie. Une patiente porteuse d'une valve mitrale mécanique ne reprend pas son anticoagulant oral après une intervention et décède. Son fils de 18 ans, qui ne maîtrisait pas totalement le français, avait servi d'interprète ; le dispositif d'interprétariat de l'hôpital, jugé trop complexe, n'avait pas été activé. Les consignes avaient été données par téléphone sans vérifier la compréhension, et l'ordonnance de sortie était difficile à comprendre[1].
Cas 3, le domicile. Une patiente suivie pour une leucémie ne suit pas les consignes d'hygiène de son cathéter à son retour chez elle et présente un choc septique, d'évolution favorable. Elle ne parlait pas bien le français et n'avait pas compris les informations, malgré la présence d'une amie qui l'aidait à traduire. Les documents d'information n'avaient pas été remis, chaque service pensant que l'autre s'en chargeait[1].
Dans les trois cas, la barrière linguistique fait partie des causes profondes retenues par la HAS, à côté d'autres défaillances d'organisation. Elle n'explique pas tout à elle seule.
Le piège de l'illusion de communication
La HAS préconise de rechercher systématiquement une barrière linguistique, y compris chez les patients parlant un peu le français[1].
Sa note de bas de page explique pourquoi : cette situation « crée une illusion de communication, alors qu'en l'absence totale de compétence linguistique, l'intervenant constaterait le problème et pourrait prendre des précautions supplémentaires »[1]. Un patient qui hoche la tête n'a pas forcément compris.
L'interprète professionnel, solution de référence
La HAS préconise de recourir à l'interprétariat professionnel comme solution de référence, en particulier pour les entretiens importants lors des temps clés du parcours. Lorsque l'interprétariat sur place n'est pas possible, un recours par téléphone ou vidéo peut être mobilisé, et les professionnels doivent en connaître les bonnes pratiques[1].
Ce n'est pas nouveau. Un référentiel de la HAS d'octobre 2017, élaboré dans le cadre de l'article L. 1110-13 du code de la santé publique, précise les compétences, le socle de formation et les bonnes pratiques de l'interprétariat linguistique. La HAS y considère que seul le recours à un interprète professionnel garantit un égal accès aux droits, à la prévention et aux soins, et le respect du droit à l'information, du consentement libre et éclairé et du secret médical[3].
Qui peut traduire ?
Pour un entretien important, l'interprète professionnel. Pour une urgence, ou pour une information non médicale simple comme une prise de rendez-vous ou une démarche administrative, la HAS admet de recourir aux alternatives, tout en demandant de les limiter à ces situations[1].
Les enfants sont cités en particulier parmi les proches à risque dans le Flash 2026[1]. Le référentiel de 2017 ajoute que faire appel à un interprète issu de la famille, tout particulièrement un enfant, du voisinage ou de l'entourage immédiat risque de méconnaître le droit du patient au respect de sa vie privée et du secret des informations le concernant, et constitue une charge lourde pour les aidants[3].
Assurez-vous d'être compris
Deux gestes complémentaires. D'abord, s'assurer de la compréhension du patient en le faisant reformuler dans sa langue. Ensuite, utiliser des supports d'information adaptés et validés : ordonnances visuelles, fiches explicatives à pictogrammes, supports faciles à lire et à comprendre (FALC), documents traduits dans la langue du patient[1].
Pour les établissements de santé, le Flash ajoute de structurer la préparation de la sortie et la continuité des soins : organiser l'accompagnement avec le médecin traitant et s'assurer que le patient peut facilement contacter la bonne personne en cas de problème[1].
Précision : OxcaSanté ne détecte pas les barrières linguistiques, ne traduit rien, ne valide pas le contenu de vos supports et ne remplace pas un interprète professionnel. L'outil permet de saisir, soumettre et clôturer une déclaration d'événement indésirable avec un historique des actions, et de conserver vos documents qualité en pièces jointes dans une bibliothèque documentaire. Il ne garantit aucune conformité.
À retenir
- 1. Cherchez la barrière, même chez ceux qui parlent un peu français.
- 2. Interprète professionnel pour les moments clés.
- 3. Faites reformuler, remettez un support validé.
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'une barrière linguistique selon la HAS ?
La HAS la définit comme un obstacle auquel on se heurte face à une langue non maîtrisée. Elle peut entraver la communication entre patients et professionnels et conduire à des demandes de soins plus tardives, à des difficultés de compréhension et d'observance des traitements, à des erreurs diagnostiques et à un risque accru d'événements indésirables associés aux soins.
Peut-on demander à un proche de traduire ?
La HAS préconise de limiter les alternatives à l'interprétariat professionnel (proches, en particulier les enfants, professionnels de la structure, traduction générique en ligne, applications de traduction médicale) aux situations d'urgence ou à la communication d'informations non médicales simples, comme une prise de rendez-vous. Elle y voit des risques pour la sécurité des patients, liés à une qualité de traduction moindre.
L'interprétariat professionnel est-il obligatoire ?
Le Flash Sécurité Patient est un outil d'amélioration des pratiques professionnelles : il formule des préconisations. L'article L. 1110-13 du code de la santé publique prévoit que la HAS élabore des référentiels de compétences, de formation et de bonnes pratiques de l'interprétariat linguistique, et le référentiel d'octobre 2017 en est issu. Nous n'avons pas trouvé, dans les sources consultées, d'obligation générale de recourir à un interprète. Pour votre situation, rapprochez-vous de votre ARS ou d'un juriste.
Ce Flash concerne-t-il aussi les EHPAD et les petites structures ?
Les trois événements décrits viennent de l'hôpital. Les préconisations (repérer la barrière, recourir à l'interprétariat professionnel pour les entretiens importants, faire reformuler, utiliser des supports adaptés) sont formulées de façon générale, sauf la préparation de la sortie, explicitement réservée aux établissements de santé. À vous d'apprécier ce qui s'applique à votre structure.
OxcaSanté aide-t-il sur ce sujet ?
OxcaSanté permet de saisir une déclaration d'événement indésirable, de la soumettre à un responsable puis de la clôturer, avec un historique des actions, et de conserver des documents qualité en pièces jointes dans une bibliothèque documentaire. L'outil ne détecte pas les barrières linguistiques, ne traduit rien, ne valide pas le contenu de vos supports et ne remplace pas un interprète professionnel.
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Voir OxcaSanté en démoArticles connexes
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Sources
- [1] HAS · Flash Sécurité Patient : « Barrières linguistiques en santé. Quand les mots manquent, le risque augmente » (mis en ligne le 9 juin 2026) et son document PDF (officielle, lue le 6 octobre 2026).
- [2] HAS · Décision n°2026.0090/DC/SEVOQSS du 28 mai 2026 du collège de la HAS portant adoption du Flash Sécurité Patient (officielle, lue le 6 octobre 2026).
- [3] HAS · Interprétariat linguistique dans le domaine de la santé : référentiel de compétences, de formation et de bonnes pratiques (octobre 2017), dont l'annexe 1 reproduit l'article L. 1110-13 du code de la santé publique (officielle, lue le 6 octobre 2026).
Note méthodologique : les trois sources sont officielles (HAS), aucune source non officielle n'est utilisée. Les documents PDF ont été relus par extraction de texte. Le texte de l'article L. 1110-13 du code de la santé publique est cité tel que reproduit en annexe du référentiel HAS de 2017. Les exemples décrits sont ceux du Flash de la HAS, issus de déclarations de professionnels, et ne concernent aucun client d'OxcaSanté. Cet article ne constitue pas un conseil juridique. Les fonctionnalités d'OxcaSanté citées (circuit de déclaration, historique, pièces jointes de la bibliothèque documentaire) correspondent à ce que la plateforme propose aujourd'hui.