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Codification des documents qualité : modèle de nomenclature et gestion des versions en 6 étapes

Trois versions du même protocole circulent dans le service, personne ne sait laquelle fait foi, et le fichier s'appelle « protocole chutes FINAL v2 (copie) ». Le jour où un auditeur ou un évaluateur demande le document en vigueur, il faut pouvoir le retrouver en quelques secondes et prouver qu'il a été approuvé. À la fin de cet article, vous saurez définir une codification simple pour vos documents qualité, fixer des règles de version, les appliquer à votre fonds documentaire existant, puis les faire vivre sans alourdir le travail des équipes.

Une bonne codification fait gagner du temps à chaque recherche, chaque révision et chaque audit. Voyons comment la mettre en place pas à pas.

Voir comment centraliser vos documents qualité

1. Ce que dit le cadre réglementaire et méthodologique

À notre connaissance, aucun texte ne prescrit de format de codification pour les documents qualité d'un établissement de santé ou médico-social. Ce qui est attendu, c'est la maîtrise documentaire : savoir quel document fait foi, le retrouver, et montrer qu'il a été approuvé. La codification est le moyen le plus simple d'y parvenir.

Pour les ESSMS, la HAS indique que la revue documentaire fait partie des méthodes d'évaluation, que l'évaluateur peut consulter tout document produit par la structure (procédures, comptes rendus, documents de référence), et que certaines pièces peuvent être demandées avant la visite[3]. Pour la certification HAS comme pour l'évaluation, un document introuvable ou présent en plusieurs versions se voit tout de suite.

Pour le circuit du médicament dans les établissements de santé, l'article 6 de l'arrêté du 6 avril 2011 traite du système documentaire[4]. Pour l'organisation de la revue des documents, voir notre article sur la revue périodique des documents qualité.

Pour la forme, un repère méthodologique : la norme ISO 9001 (volontaire, non obligatoire en santé) demande que les informations documentées soient correctement identifiées et décrites, avec pour exemples un titre, une date, un auteur ou un numéro de référence, puis revues et approuvées[1]. L'AFNOR distingue les informations à tenir à jour (procédures, exigences) de celles à conserver (enregistrements) et précise que l'auditeur examine les dispositions de création, de mise à jour et de maîtrise[2]. C'est la logique reprise dans la procédure ci-dessous.

À retenir

  • Aucun format de codification n'est imposé : c'est un choix de l'établissement, à écrire et à appliquer partout.
  • Évaluateurs et auditeurs consultent les documents : retrouver le bon document vite fait partie de la preuve.
  • Un document à tenir à jour (procédure) et un enregistrement à conserver (formulaire rempli) ne se gèrent pas de la même façon.

2. La procédure de codification en 6 étapes

Les étapes 1 à 4 définissent les règles, l'étape 5 les applique à l'existant, l'étape 6 les fait vivre dans la durée. Chaque étape précise ce qu'elle doit produire, qui la réalise, le livrable attendu, et le piège le plus fréquent à éviter. Les règles écrites ici s'inscrivent dans la rédaction de vos procédures et en complètent la validation.

Étape 1 : Inventorier les documents existants et fixer le périmètre

  • Contenu : recenser tous les documents qualité réellement utilisés (politiques, procédures, protocoles, modes opératoires, fiches, formulaires, checklists), y compris ceux qui n'existent que sur un poste ou en classeur, puis décider ce qui entre dans le périmètre de la codification.
  • Qui : le responsable qualité, avec un référent par service.
  • Livrable : une liste unique des documents, avec pour chacun son titre actuel, son service et son état (en vigueur, à réviser, obsolète).
  • Piège fréquent : coder avant d'avoir inventorié : les doublons et les versions parallèles apparaissent ensuite et obligent à tout renuméroter.

Étape 2 : Définir les types de documents et les processus

  • Contenu : choisir une courte liste de types de documents (de 5 à 8 suffit pour un établissement de moins de 50 salariés) et rattacher chaque document à un processus. Chaque type et chaque processus reçoit un code de trois lettres.
  • Qui : le responsable qualité, validé par la direction.
  • Livrable : deux tables de codes : types de documents et processus (voir le modèle plus bas).
  • Piège fréquent : multiplier les types (« protocole », « protocole de service », « protocole médical »...) : plus la liste est longue, plus les équipes hésitent et se trompent de code.

Étape 3 : Fixer la structure du code

  • Contenu : retenir une structure simple, toujours identique : TYPE, PROCESSUS, numéro d'ordre à trois chiffres (exemple : PRO-MED-004). Le code identifie le document de façon stable. Il ne contient ni la version, ni la date, ni le titre, ni le nom du service.
  • Qui : le responsable qualité.
  • Livrable : une règle de codification tenant sur une page, avec trois exemples.
  • Piège fréquent : glisser dans le code une information qui change (version, date, service) : le code devient faux à la première réorganisation et chacun le corrige à sa façon.

Dans OxcaSanté, chaque document qualité a une référence unique. À la création, vous saisissez la vôtre (PRO-MED-004 par exemple) ou vous laissez le champ vide : une référence est alors générée automatiquement, à partir des premières lettres du type et du processus si l'établissement l'a paramétré. Une référence déjà attribuée est refusée, et la référence ne peut plus être modifiée ensuite. Voir la gestion documentaire.

Étape 4 : Définir les règles de version et l'en-tête type

  • Contenu : décider à partir de quand un document change de version (voir la matrice plus bas), comment la version est numérotée (V1, V2, V3...) et quelles mentions figurent en en-tête : titre, code, version, date de publication, rédacteur, vérificateur, approbateur, date de validité.
  • Qui : le responsable qualité, avec les pilotes de processus.
  • Livrable : une règle de version et une trame d'en-tête commune à tous les documents.
  • Piège fréquent : ne pas dire qui approuve : un document sans approbateur identifié ne prouve pas qu'il a été validé avant diffusion. Dans une petite structure où une même personne cumule plusieurs rôles, prévoyez au moins un approbateur distinct du rédacteur.

Étape 5 : Coder l'existant et migrer les documents

  • Contenu : attribuer un code à chaque document de l'inventaire, fusionner les doublons, retirer les documents obsolètes, puis remplacer les anciennes appellations par le code. Garder une table de correspondance entre ancien nom et nouveau code le temps de la transition.
  • Qui : le responsable qualité, avec les référents de service.
  • Livrable : un fonds documentaire entièrement codifié et une table de correspondance ancien nom / code.
  • Piège fréquent : réattribuer le code d'un document retiré à un nouveau document : une ancienne référence dans un compte rendu pointerait vers un tout autre contenu.

Étape 6 : Faire vivre les règles : une nouvelle version, un seul code

  • Contenu : à chaque révision, le document garde son code et passe à la version suivante. L'ancienne version reste identifiée et consultable, la nouvelle repart du circuit de rédaction, de vérification et d'approbation. Les copies papier sont remplacées et le point est tracé (voir la preuve de diffusion des documents qualité).
  • Qui : le pilote du processus et le responsable qualité.
  • Livrable : un historique de versions par code, et une seule version signalée comme en vigueur.
  • Piège fréquent : laisser circuler des copies locales ou imprimées de l'ancienne version, qui continuent d'être appliquées sans que personne ne le sache.

Dans OxcaSanté, le bouton « Créer une nouvelle version » d'un document publié crée la version suivante avec la même référence et le numéro de version augmenté de un. La nouvelle version repart en brouillon, pièce jointe copiée, et l'onglet « Autres versions » de la fiche liste les autres versions du même document. Découvrir la gestion des versions.

Anatomie d'un code document

Exemple fictif

Un EHPAD recense ses documents, retient 6 types et quelques processus, et code la procédure de gestion des médicaments à risque PRO-MED-004. Après une révision suite à une analyse d'événement indésirable, le document devient PRO-MED-004 V2. La V1 reste consultable, identifiée comme ancienne version.

Matrice : faut-il changer de version ?

Cette matrice est une recommandation de méthode : aucun texte ne fixe de règle de numérotation des versions.

Modèle : table des types et trame d'en-tête

Table des types (exemple à adapter)

  • POLPolitique : Politique qualité et gestion des risques
  • PROProcédure : Décrit qui fait quoi, dans quel ordre
  • PTCProtocole : Conduite à tenir clinique ou technique
  • MODMode opératoire : Geste ou tâche détaillée, pas à pas
  • FICFiche : Fiche de poste, fiche réflexe
  • FORFormulaire / modèle : Support à compléter, donne lieu à des enregistrements
  • CHKChecklist : Liste de contrôle

Trame d'en-tête commentée

  • Titre : explicite, sans le code.
  • Code : PRO-MED-004, jamais modifié.
  • Version : V2, et un mot sur ce qui a changé.
  • Dates : publication, puis validité.
  • Rédacteur, vérificateur, approbateur : noms et fonctions.
  • Diffusion : services destinataires.

Les codes de trois lettres sont des exemples. L'essentiel est de les figer par écrit et de les utiliser partout.

Attention

La codification ne remplace ni la revue périodique, ni la validation. Un document parfaitement codifié mais périmé reste une non-conformité : le code dit quel document, pas s'il est encore valable.

Checklist récapitulative

  • Tous les documents qualité utilisés sont inventoriés dans une liste unique.
  • Une table de 5 à 8 types et une table des processus, avec des codes de trois lettres, sont validées par la direction.
  • La structure du code (type, processus, numéro d'ordre) est écrite sur une page, avec des exemples.
  • Le code ne contient ni version, ni date, ni titre, ni nom de service.
  • La règle de version est écrite : ce qui justifie une nouvelle version, et ce qui n'en justifie pas.
  • Une trame d'en-tête commune mentionne code, version, dates, rédacteur, vérificateur et approbateur.
  • Chaque document existant a un code, les doublons sont fusionnés, les obsolètes retirés.
  • Le code d'un document retiré n'est jamais réattribué.
  • À chaque révision, le code reste le même et la version augmente, l'ancienne version restant consultable.
  • Les copies locales ou papier de l'ancienne version sont remplacées et le remplacement est tracé.

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Questions fréquentes

Existe-t-il un format de codification imposé pour les documents qualité ?

Non, à notre connaissance. Les sources citées dans cet article fixent des attentes de maîtrise documentaire (savoir quel document fait foi, le retrouver, prouver qu'il a été approuvé), mais aucune ne prescrit de format de code. La norme ISO 9001, volontaire, cite le numéro de référence parmi les exemples d'éléments d'identification d'un document. Le format reste donc un choix de l'établissement : l'important est qu'il soit écrit, simple et appliqué partout.

Faut-il faire figurer la version dans le code du document ?

Il vaut mieux l'en séparer. Le code identifie le document pendant toute sa vie, la version indique son état de révision. Si la version est collée au code, chaque révision crée un nouveau code et l'historique devient difficile à suivre. Pour les fichiers diffusés hors du système documentaire, vous pouvez ajouter la version au nom du fichier, par exemple PRO-MED-004_V2.

Que faire du code d'un document retiré ou obsolète ?

Le conserver, avec son statut, et ne jamais le réattribuer. Pour la durée de conservation des documents, voir notre article sur l'archivage des documents qualité. Un compte rendu de réunion ou un rapport d'événement indésirable peut citer ce code des années plus tard : le réattribuer ferait pointer la référence vers un tout autre contenu.

Les formulaires et les documents remplis suivent-ils la même codification ?

Le modèle vierge d'un formulaire est un document à tenir à jour : il reçoit un code et une version. Le formulaire une fois rempli est un enregistrement, trace d'un événement qui n'évolue plus, conservé tel quel. L'AFNOR fait cette distinction entre informations documentées « à tenir à jour » et « à conserver »[2]. Les enregistrements prennent en général le code du modèle, complété d'une date ou d'un numéro d'enregistrement.

Peut-on saisir sa propre référence dans OxcaSanté ?

Oui. À la création d'un document qualité, saisissez votre référence ou laissez le champ vide : OxcaSanté en génère alors une automatiquement, en reprenant, si l'établissement l'a paramétré, les premières lettres du type de document et du processus. Une référence déjà attribuée à un autre document est refusée, et la référence ne peut plus être modifiée après la création. Pour appliquer votre propre nomenclature, saisissez donc la référence à la création.

Articles connexes

Sources

Les codes de trois lettres, la structure du code et la matrice de version sont des recommandations de méthode, proposées comme point de départ : aucun texte cité ne les impose. Le renvoi aux fonctionnalités d'OxcaSanté (référence automatique, nouvelle version, onglet des autres versions) décrit des fonctions existantes de l'application.